Les attentats du 13 novembre 2015, un marqueur de la mémoire collective

Les attentats du 13 novembre 2015, un marqueur de la mémoire collective

Le Programme 13-Novembre et le Crédoc ont décidé de mettre en ligne l’analyse détaillée des quatre premières enquêtes pour mesurer la mémoire collective des attentats terroristes du 13 novembre 2015 dans la société française. On s’interroge souvent sur la mémoire collective et son évolution. On dispose là de données uniques pour en rendre compte. Pas moins de 400 pages de graphiques et d’analyses sont mises à la disposition du grand public.

Une première conclusion majeure. Le 13 novembre 2015 reste l’un des actes terroristes ayant le plus marqué les Français depuis l’an 2000, une période marquée pourtant par de nombreux actes terroristes dans le monde et en France singulièrement. Il l’est même de plus en plus et est en passe de devenir la référence dominante qui signale une première condensation mémorielle.

Déjà à l’été 2018 soit deux ans et demi après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, 70% des Français considéraient ces attentats comme l’un des actes terroristes commis en France ou à l’étranger qui les avaient le plus marqués depuis l’an 2000. Cette proportion a légèrement diminué en l’espace de trois ans, mais reste élevée et se trouve la principale référence, devant les plus anciens, comme le 11 septembre à New York ou janvier 2015 à Paris, mais aussi devant des attentats plus récents comme l’attentat de Nice en 2016. C’est ce que révèlent les enquêtes du Crédoc. Dans certaines catégories de la population (hauts revenus, diplômés du supérieur, habitants d’Île-de-France, cadres et professions intellectuelles), les taux de citation du 13 novembre sont plus élevés que la moyenne et avoisinent pour certains 80%. Les personnes disposant de bas revenus, déclarant faire partie des défavorisés ou souhaitant des réformes radicales de la société affichent plus de distance avec ces événements. Entre 2016 et 2018, ces écarts de mémorisation entre catégories se sont creusés. Autre signe de la forte empreinte de ces événements dans les mémoires, la quasi-totalité de la population se rappelle les circonstances dans lesquelles elle a appris la nouvelle de ces attentats. Ce phénomène s’est déjà produit pour des événements marquants comme l'assassinat de J.-F. Kennedy ou l'attaque des tours jumelles à New York le 11 septembre 2001.

Si l’on interroge les Français sur les lieux des attentats du 13 novembre, on assiste à une nouvelle condensation mémorielle. La référence au Stade de France et aux terrasses s’effondre, alors qu’elle se concentre sur une localisation floue (« Paris ») ou précise mais unique (« Bataclan »). 

On remarque déjà, avec nos études de janvier 2017 et janvier 2019, que l’actualité médiatique des commémorations fait remonter sensiblement la référence aux attentats de janvier 2015. On peut imaginer que le procès en cours et les récents assassinats terroristes ont eu le même effet. Nous le saurons en janvier prochain mais on voit que la mémoire collective des attentats présente des temporalités différentes.

Téléchargeables ici :

La mémorisation et la perception des attentats du 13 novembre 2015 en France - Sept mois après

Mémorisation des attentats du 13 novembre 2015 - Un an après

La mémorisation des attentats du 13 novembre 2015 - Deux ans et sept mois après

Mémorisation des attentats du 13 novembre 2015 - Trois ans après